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La nourriture des chenilles
Se nourrir, étant l' activité principale de la chenille, attardons nous sur ce phénomène.Cet insecte dévore en effet d' incroyables quantités de nourriture.La plupart des chenilles se nourrissent de végétaux, surtout de plantes à fleurs, mais certaines s' attaquent aux mousses, aux fougères et même aux champignons. Quelques rares espèces, carnivores, vivent aux dépens d' autres insectes.Si les chenilles se nourrissent généralement de plantes vivantes, il existe cependant des espèces qui consomment des matières animales ou végétales en décomposition.Ces dernières appartiennent pour la plupart à la famille des Teignes .
Certaines espèces ne se nourrissent que d' une seule espèce végétale.La larve du Sylvain azuré ( papillon - chenille ) , par exemple, n' apprécie que le chèvrefeuille. Celle du Monarque Américain ( chenille - papillon ), au contraire, mange indifféremment des plantes d' espèces voisines, mais ce sont toujours des herbes à sève laiteuse.La chenille du Disparate , vit à la fois sur les arbres des vergers et des forêts. Celle des noctuelles s' attaqueà presque toutes les plantes des jardins.Les chenilles savent donc reconnaître sans erreur la plante qui leur convient.
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Ce sont sans doute les huiles essentielles des plantes qui déterminent le choix des insectes. Certains Papilionidae , qui se nourrissent de rue (rutaceae) , vivent aussi sur les ombellifères (carotte ou fenouil), qui possèdent des huiles identiques, mais n' ont aucune parenté avec la rue.Les chenilles des Pieridae se comportent pareillement et dévorent n' importe quel végétal si on imprègne sa nourriture d' huile de moutarde.
Les chenilles épargnent bien peu de végétaux. Certaines même ne craignent pas de s' attaquer aux plantes vénéneuses.La chenille du Cul-noir , ou Nonne, vit sur l' if vénéneux, tandis que la grosse chenille du Sphinx tête de mort apprécie particulièrement la Belladone ; d' autres encore vivent sur le Sumac vénéneux . Parfois, le végétal réagit à la présence d' une larve en formant une excroissance appelée gale .Ainsi, sur la verge d' or , on peut apercevoir des galles, de forme ovale, provoquées par la chenille d' un papillon qui porte le nom compliqué de Gnorimoschema gallaesolidaginis.Ce nom original recouvre une histoire fort curieuse.Les oeufs de ce papillon éclosent au printemps. Aussitôt les larves commencent à creuser la tige. Celle-ci gonfle et il se forme, à l' intérieur, des galles dans lesquelles les chenilles vivront en se nourrissant des tissus végétaux.Au moment de se transformer en chrysalide, la chenille perce une petite ouverture par laquelle pourra sortir le papillon, puis elle rebouche ce trou si parfaitement qu' il est impossible de l' ouvrir de l'extérieur.Ainsi protégée, elle peut alors se métamorphoser dans la gale dont elle a évidé tout l' intérieur pour se nourrir.Au moment de son éclosion, il suffira à l' adulte de repousser le bouchon pour sortir de son abri.
Tout cela pour vous dire que cette histoire illustre le degré de perfection que peut atteindre l' instinct de conservation de l' espèce chez les insectes.La chenille, qui n' est jamais sortie de la gale, n' en prépare pas moins la fenêtre par laquelle s' envolera le papillon!
La croissance de la chenille achevée, le moment est arrivé pour elle de subir une nouvelle transformation, la nymphose.Dans la vie des lépidoptères, cette aventure précède la naissance du papillon.
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